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mercredi 6 avril 2016

Deux films pleins d'intérêt




Spotlight

L'Oscar reçu à Hollywood par ce film est vraiment mérité. Il réussit à la fois à décrire ce qu'est le travail approfondi d'une vraie équipe de journalistes sérieux, et le contenu d'une enquête douloureuse : la pédophilie dans le diocèse de Boston dans les années 2000. Un sujet hélas encore trop d'actualité dans le monde...


La Vie : 

"Spotlight n'est pas un film anticatholique"
M.H. De L'Osservatore romano au n°3 du Vatican en passant par la Commission pontificale pour la protection des mineurs, le triomphe de Spotlight aux Oscars a fait réagir au Saint-Siège.

« Spotlight n'est pas un film anticatholique. » C'est Lucetta Scaraffia, éditorialiste de l'Osservatore Romano, qui s'exprime ainsi dans les colonnes du journal (en date du 29 février), en réaction au palmarès des Oscars 2016, rapporte Radio Vatican.
« Plus préocupés de l'image de l'institution que de la gravité de l'acte »
La journaliste ne se prive pas d'égratigner ceux que le film rebute : « Les prédateurs ne portent pas forcément l'habit ecclésiastique et la pédophilie ne dérive pas nécessairement du vœu de chasteté. Mais il est désormais clair que, dans l'Église, trop de gens se sont plus préoccupés de l'image de l'institution que de la gravité de l'acte. » « Tout cela ne peut justifier la faute gravissime de celui qui, représentant de Dieu, se sert de cette autorité pour abuser d'innocents : c'est bien raconté dans le film », ajoute-t-elle.
Elle revient aussi sur l'appel lancé au pape François par le producteur du film. Lors de la cérémonie des Oscars, Michael Sugar a en effet déclaré : « Il est temps que vous protégiez les enfants pour pouvoir leur redonner foi. » Pour Lucetta Scaraffia, ce message « doit être vu comme un signal positif : il y a encore de la confiance dans l'institution et dans un pape qui poursuit le nettoyage entamé par son prédécesseur ».
Une position qui rejoint celle exprimée il y a quelques jours par Mgr Charles Scicluna, archevêque de La Valette (Malte) et président du collège spécial visant à traiter, au sein de la Congrégation pour la doctrine de la foi (CDF) : « Ce film, tous les évêques et les cardinaux, surtout les responsables des âmes, devraient le voir, parce qu’ils doivent comprendre que c’est la dénonciation qui sauvera l’Eglise, et pas l’omerta », avait-il déclaré.

« Nous avons retenu la leçon »
Le triomphe de Spotlight aux Oscars a été commenté jusqu'au Vatican. Hier, le n°3 du Vatican, Mgr Giovanni Angelo Becciu, a reconnu des erreurs et des lenteurs dans la manière dont l'Église a par le passé traité les affaires de pédophilie.« La première réaction, plutôt que de regarder l’horreur de ce qui venait d’arriver, était de "sauver" l’institution du scandale. Le transfert d’une paroisse à une autre était d’usage quand un prêtre tombait amoureux d’une femme. Mais là, il s’agissait de pervers, de prêtres à chasser !», a-t-il affirmé dans le Corriere della Serra.
Depuis, estime-t-il, « nous avons retenu la leçon ». « Je ne crois pas qu’il existe au monde une institution sociale et politique comme l’Église qui s’est engagée partout à faire un grand nettoyage et à mettre en pratique toutes les méthodes pour prévenir d’autres abus. »
 
« Le film va donner un élan ultérieur à notre travail »

La veille, le père jésuite Hans Zollner, membre de la Commission pontificale pour la protection des mineurs et président du Centre pour la protection des mineurs de l’Université pontificale Grégorienne, s'était également exprimé devant la presse, relate I.Media (repris par l'Apic). « Un film comme celui-là et sa remise de prix, vont certainement donner un élan ultérieur à notre travail », a-t-il dit. « Ce long-métrage invite à se poser ces questions », a-t-il ajouté : « Comment l’Église catholique peut-elle être transparente, juste et engagée dans la lutte contre les abus, et que peut-elle faire pour que cela n’arrive plus ? »


 Télérama :

SYNOPSIS


En juillet 2001, Marty Baron prend son poste de rédacteur en chef au Boston Globe, auquel il veut redonner un certain lustre. C'est lui qui demande à Walter Robinson, à la tête du département Spotlight, une enquête sur les soupçons de pédophilie qui entachent le clergé local depuis des années. Alors que ces affaires n'ont jamais suscité d'investigations vraiment développées, Walter commande aux membres de son équipe, Sacha Pfeiffer, Michael Rezendes et Matt Carroll, un reportage approfondi sur le sujet. Les journalistes comprennent peu à peu que le nombre de cas pourrait bien être beaucoup plus important que ce qu'ils imaginaient...

 

LA CRITIQUE LORS DE LA SORTIE EN SALLE DU 27/01/2016

Tout est vrai. L'enquête, publiée en 2001 par des journalistes du Boston Globe. Et le scandale qu'elle révéla. Durant des décennies, l'Eglise catholique locale a étouffé les abus sexuels perpétrés par des prêtres sur des enfants, et a systématiquement soustrait les coupables à la justice. Un phénomène à grande échelle : au moins un millier de victimes, rien que dans la région. Et une politique du silence qui s'étend bien ­au-delà du Massachusetts... « Spotlight » est le nom de l'équipe de journalistes qui, au bout de longs mois d'efforts, en dépit de toutes les pressions, a révélé la vérité. Ce qui lui a valu le prix Pulitzer.
Le film est dopé à la même adrénaline, à la même ténacité citoyenne que son modèle évident, Les Hommes du Président, d'Alan J. Pakula, déjà basé sur un scoop historique, la révélation du scandale du Watergate par le Washington Post. Tout y est : l'effervescence en salle de rédaction, les impasses et les coups de théâtre, les résistances, les informateurs-clés. Manches retroussées, téléphone collé à l'oreille, les comédiens multiplient les morceaux de bravoure, les scènes électrisantes. Ils rivalisent d'aisance et de charisme en incarnant des figures diverses et passionnantes : Michael Keaton, vétéran de l'info, aux prises avec son propre milieu de grands bourgeois catholiques ; Liev Schreiber, rédac chef taiseux et déterminé ; Rachel McAdams, l'enquêtrice dont l'écoute et la délicatesse permettent toutes les confidences. Sans oublier Marc Ruffalo : en limier pugnace et impertinent, à la fois concentré et intense, il trouve l'un de ses plus beaux rôles.
Subtils, ambigus — humains, en quelque sorte —, ces personnages ne sont pas des preux chevaliers au service du quatrième pouvoir. Ce sont des bosseurs. Le réalisateur Tom McCarthy (The Visitor, The Station Agent) a choisi, avant tout, de filmer leur travail, dans son aspect le plus quotidien et le plus endurant : une formidable mécanique de petits détails, de bouts de papier, de porte-à-porte et de méthodes différentes — l'un force les barrages, l'autre cultive ses relations. Cet hommage réaliste et vibrant à tous les chasseurs de vérité vient d'obtenir six nominations aux Oscars. — Cécile Mury

En 2001, le Boston Globe voit ses chiffres de vente chuter légèrement. Le nouveau rédacteur en chef, Marty Baron, décide de relancer le journal avec une affaire d'envergure : plusieurs prêtres dans leur ville ont été accusé d'avoir abusé sexuellement d'enfants et s'en sont tiré sans qu'il y ait de poursuites. Baron charge l'équipe Spotlight - une équipe spécialisée dans le journalisme d'investigation - d'enquêter sur ces prêtres et de prouver non seulement leur culpabilité mais aussi que leur supérieur, le cardinal Bernard Law, et les plus hautes instances de l’Église catholique étaient au courant et ont étouffé l'affaire à chaque fois par la corruption ou les menaces.
Grâce à l'aide éclairée de Mitchell Garabedian, un avocat qui a essayé plusieurs fois de révéler la vérité sur l'Église, l'équipe Spotlight, dirigée par Walter Robinson, va enquêter pendant des mois sur l'affaire et découvrir que non seulement l'Église a étouffé chacune de ces affaires, aidés par avocats véreux qui l'ont aidé en négociant de grosses indemnités avec les parents des enfants abusés, mais surtout que les prêtres pédophiles s'avèrent beaucoup plus nombreux qu'on ne le pensait. Au fur et à mesure que leur enquête va progresser, l'Église va faire de plus en plus pression sur eux et leur mettre des bâtons dans les roues en intimidant les témoins et en les dissuadant de parler.

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Les Innocentes

Chantal Bertrand, associée CND de Reims, nous a fait parvenir le message suivant que nous
portons avec plaisir à votre connaissance :





Sur les conseils de Nicole (Herbay), je suis allée voir le film « Les Innocentes » d’Anne Fontaine   qui m’a beaucoup touchée. Selon la Croix, il constitue « Une interrogation sur le mystère de la foi : Inspiré d’un épisode peu connu de l’histoire polonaise – vingt-cinq religieuses furent violées par des soldats russes en 1945 et la plupart assassinées, un film stupéfiant qui explore l’abîme sans renoncer à la lumière, aussi vacillante soit-elle dans les rigueurs des hivers de l’est européen. Peut-on dépasser la violence dont on a été victime? La foi y aide-t-elle? Comment poursuivre sa vocation lorsque les règles qui la fondaient ont été brisées? »



A travers un sujet très difficile on découvre  la vie de nos grandes Sœurs, dans un couvent,  une vie qui pourrait nous paraître bien austère si elle n’était pas enrichie par la foi, la prière, le chant, la musique, la solidarité et la force des sentiments qui les animent.



Un film poignant qui témoigne de la force de la foi mais aussi de sa fragilité, confrontée à la violence.

Critique dans Télérama :


SYNOPSIS
En 1945, Mathilde Beaulieu travaille au sein de la Croix rouge française dans un hôpital de fortune en Pologne. Un jour, une nonne d'un couvent voisin lui demande de l'aide. La jeune femme finit par la suivre et découvre que l'une des soeurs est sur le point d'accoucher. Après la naissance de l'enfant, elle découvre que d'autres servantes de Dieu sont également enceintes. Elles ont été violées par des soldats russes. La mère supérieure refuse d'alerter les autorités pour que la réputation du couvent reste intacte. Elle refuse également que Mathilde leur porte secours. Maria, qui a eu une autre vie avant de prendre le voile, se pose des questions sur sa foi après ce qu'il leur est arrivé...

LA CRITIQUE LORS DE LA SORTIE EN SALLE DU 10/02/2016
On aime beaucoup
Un couvent polonais, en 1945. Dehors, dans l'hiver, la guerre s'attarde. L'occupant soviétique est partout, ses soldats rôdent dans le froid comme des bêtes affamées. Quelques mois plus tôt, ces loups sont entrés chez les nonnes, laissant derrière eux une trentaine de femmes traumatisées et -- pour quelques-unes -- enceintes.
Anne Fontaine, cinéaste éclectique (de Coco avant Chanel à Perfect Mothers ou Mon pire cauchemar), s'est inspirée d'un fait historique réel et du journal intime d'une Française, médecin pour la Croix-Rouge, seul recours des religieuses isolées. C'est cette série de rencontres que développe le film : la progression d'un apprivoisement mutuel, d'une confiance patiemment tissée, visite après visite. Filmée en quasi-huis clos, dans la grisaille du couvent, cette histoire de naissances et de renaissance, tout en scènes délicates et justes, repose en grande partie sur le talent des interprètes. Lou de Laâge est lumineuse, qu'elle donne la réplique à son collègue et amant Vincent Macaigne (dans le rôle d'un faux cynique amoureux) ou qu'elle se confronte à ses patientes polonaises, dont la bouleversante Agata Buzek.
La jeune doctoresse est moderne, rationaliste, athée. Ses patientes cloîtrées sont repliées sur leur secret, leur honte et leur souffrance. Entre ces femmes si différentes, la cinéaste sait pourtant construire un lien fort, salvateur, le rendre crédible et touchant : une affaire de solidarité féminine et, au-delà, de réponse fraternelle à la ­violence du monde. Un transfert progressif de la foi, vers l'humain. -- Cécile Mury
 






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