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dimanche 12 juin 2016

Avant l'été









Un petit signe de notre blog vers vous tous avant  que l'été - si difficile à venir - nous entraîne de-ci de-là…

Merci à tous ceux qui nous ont manifesté leur intérêt et ont participé par leurs réflexions. Nous sommes heureuses de ce lien qui se crée et semble vous plaire.

Le temps des vacances va nous permettre de souffler un peu, de retrouver les nôtres, et de se décider à ouvrir des livres et à voir des films laissés de côté faute de temps. Mais c'est aussi la période qui permet des découvertes, des rencontres ; nous aurons ainsi plus tard des expériences à nous transmettre.

Nous pensons aussi à la grande rencontre des Associés de la Congrégation Notre-Dame à Strasbourg en juillet et nous espérons que ce blog puisse prendre place dans les petits chemins qui permettent de « faire route ensemble ».

Bel été à tous : le monde et les autres vous attendent ; Laudato si !

Claude et Ullah

samedi 11 juin 2016

Des livres




Nous avons aimé…


Entre deux mers, voyage au bout de soi- d’Axel Kahn - chez Stock

C’est Myriam Pean qui nous donné cette piste. Voici ce qu’elle nous a transmis :
Le généticien, (de la pointe du Raz à Menton) a parcouru, souvent  en dehors des sentiers balisés, 2057 kms et gravi 43000m... et autant en descente!. Un voyage au bout de soi ! Ce qui m'a le plus frappée c'est le courage physique et moral, le don de l'émerveillement devant la nature et les personnes rencontrées, l'humanité de cet homme qui se dit athée mais qui vit pleinement sa vie d'homme, dans le moment présent. Son témoignage aussi est " riche  de réflexions politiques sur la France réelle -celle des gens- ses difficultés mais aussi ses atouts, ses espoirs". Et vous pouvez retrouver les centaines de photos prises tout au long de son parcours sur le site:
 http://axelkahn.fr/2014-en-images/

 

Les identités meurtrières -  Amin Maalouf, de l’Académie française- Livre de poche

Claude a été invitée à participer à une Fête du Livre à Quiberon qui réunissait plusieurs écrivains pour une rencontre avec le public. Elle a eu le plaisir de faire la connaissance d’Amin Maalouf, et vous recommande particulièrement aujourd’hui l’un de ses essais, Les identités meurtrières. L’homme sait de quoi il parle : originaire du Liban, il connaît les sociétés multiculturelles, les voisinages « étrangers», le vivre ensemble. Cet essai devrait être dans la poche de tous les politiques qui agitent le chiffon de cette fameuse identité culturelle : cela leur éviterait de dire des bêtises et d’attiser la peur de l’autre…L’écriture est belle et simple, l’humanité profonde : vous passerez un bon moment à décortiquer cet ouvrage qui peut nous aider dans la vie quotidienne.
 

 
Les Actes des apôtres- Chantal Reynier- Editions du Cerf

Recommandé par Ghislaine, cet ouvrage est une clé pour pénétrer les Actes des Apôtres. C’est Chantal Reynier, diplômée d’histoire ancienne de l’université Lyon II, diplômée en théologie de l’université pontificale grégorienne à Rome, docteur en théologie biblique et ancien professeur d’exégèse biblique aux Facultés jésuites du Centre Sèvres à Paris, qui se fait ici votre guide pour entrer dans les Actes des Apôtres.
Identification de l’auteur ou des auteurs, contexte scripturaire, historique, culturel et rédactionnel, analyse littéraire, structure et résumé, examen détaillé des grands thèmes, étude de la réception, de l’influence et de l’actualité, lexiques des lieux et des personnes, tables chronologiques, cartes géographiques, bibliographie : les plus grands spécialistes de l’Écriture se font votre tuteur. « Mon ABC de la Bible », ou la boîte à outils d’une lecture informée et vivante du Livre des Livres.

Sagesse d’un pauvre-  Eloi Leclerc- Desclée de Brouwer

Venant d’apprendre le décès récent d’Eloi Leclerc ( d’ailleurs frère du Michel Edoaurd
Leclerc, de la grande distribution !), Claude qui avait beaucoup apprécié Pâques en Galilée et Le royaume caché  a lu pour mieux approcher l’esprit franciscain de l’auteur, Sagesse d’un pauvre, très bouleversant dans une écriture poétique et ardente. Comme le dit la notice de La Procure : « La quintessence de l'esprit franciscain ! Ce livre incandescent d'Éloi Leclerc nous fait suivre François jusqu'à l'extrême de la pauvreté : l'abandon par les siens, le doute. En allant jusqu'au bout de l'humanité de François, ce livre rompt avec les visions angéliques et idéalisées du povorello pour mieux en faire ressortir la sainteté dans l'abandon. Simplicité et lumière. »



Des films





... Pour réfléchir



Deux documentaires ont retenu notre attention pour en discuter avec vous.



Les Habitants

Un film réalisé par le photographe Raymond Depardon, parti à la rencontre des Français pour les écouter parler dans le temps de l'après-Charlie… Parcourant la France en tout sens dans une vieille caravane qui lui a servi de studio, Depardon a invité les gens rencontrés sur les places et les rues à poursuivre leur conversation en face de sa caméra discrète.
La banalité des propos est une photographie du quotidien : tout tourne sur soi, les siens, la vie dure, les incompréhensions.
Comme l'a dit Télérama à la sortie du film " Au terme de la projection du film, la première question qui peut venir à l'esprit est : pourquoi eux ? Eux, ceux qui peuplent l'écran de ce « road documentaire », et pas les autres, qui ont été coupés au montage ? Eux, ce sont les habitants du titre, individus croisés sur le périple que Raymond Depardon s'est imposé pendant des mois sur les routes de France, une vieille caravane de camping arrimée à sa voiture. A intervalles réguliers, il arrêtait son équipage, plaçait la caravane de sorte que la fenêtre arrière forme un cadre au milieu duquel s'installaient deux passants, croisés dans la rue, ayant accepté de se laisser filmer...Et donc, ils parlent de leur vie, de leur ville, des hommes, des femmes, de l'amour, de leurs désirs, de leurs frustrations ou de leurs peurs. "
Parfois émus, parfois un peu stupéfaits, parfois inquiets, nous qui regardons prêts à critiquer les propos, devons nous demander : " et nous qu'aurions-nous dit? "
C’est en tout cas une photographie d’une certaine portion de la population à un certain moment…


Demain

Oserais-je dire : «  Si vous avez aimé Laudato Si, vous allez adorer Demain ! » …
Demain est un film documentaire français réalisé par Cyril Dion et Mélanie Laurent, sorti en 2015. Devant un futur que les scientifiques annoncent préoccupant, ces deux trentenaires ont décidé de ne pas donner dans le catastrophisme mais de partir à la recherche de toutes sortes de solutions nouvelles à travers le globe. Le résultat est magnifique : uniquement lancé par le bouche à oreille, le film a recueilli plus d’un million d’entrées. Au cours de leur périple, Cyril et Mélanie férus de nature  rencontrent de nouveaux acteurs de l'agriculture, de l'énergie, de l'économie de la démocratie et de l'éducation qui œuvrent au moyen d'initiatives nouvelles et positives afin de préserver le monde demain… Une cure de «  détox » pour découvrir que partout dans le monde des bonnes volontés mettent à l’œuvre des solutions qui prouvent que «  yes we can ! »
Pour vous en faire une idée personnelle et réfléchir sur tout ce qui est proposé dans le film, nous vous recommandons d’aller sur le site des réalisateurs et de vous laisser guider…www.demain-lefilm.com/



















jeudi 7 avril 2016

Message de printemps


Chers amis


Non, nous n'allons pas vous parler de régimes et de bronzage à venir.... mais nous avons des films à vous conseiller et un livre particulièrement génial.

Avant tout, nous vous insérons dans ce billet la vidéo qu'a tournée Ullah à la réunion de la Congrégation Notre-Dame, le 5 mars à L'Abbaye-aux-bois à Paris. Guy Aurenche, Président du C.C.F.D, en ce carême de l'année de la Miséricorde, est venu en effet exposer brillamment les principaux enseignements de l'Encyclique Laudato Si. Comme les Associés CND tenaient une réunion ce jour-là à l'Abbaye-aux-Bois, ils furent gentiment conviés.

En cliquant sur la vignette vidéo ci-dessus,vous retrouverez des visages connus dans l'assistance puis en seconde partie, les phrases-clés retenues par Ullah pour une compréhension active de l'Encyclique telle qu'elle nous a été présentée.  Ce fut une bien belle après-midi...
Nous vous parlons aussi de deux films : Les Innocentes et Spotlight.
Enfin nous vous recommandons un petit livre éblouissant sur la Résurrection par Fabrice Hadjad, particulièrement brillant et convaincant... A méditer encore pendant ces temps de la Pâque du Christ.

N'hésitez pas à envoyer vos commentaires sur le site ou à nous adresser vos mails.

En toute amitié




Claude et Ullah

mercredi 6 avril 2016

Deux films pleins d'intérêt




Spotlight

L'Oscar reçu à Hollywood par ce film est vraiment mérité. Il réussit à la fois à décrire ce qu'est le travail approfondi d'une vraie équipe de journalistes sérieux, et le contenu d'une enquête douloureuse : la pédophilie dans le diocèse de Boston dans les années 2000. Un sujet hélas encore trop d'actualité dans le monde...


La Vie : 

"Spotlight n'est pas un film anticatholique"
M.H. De L'Osservatore romano au n°3 du Vatican en passant par la Commission pontificale pour la protection des mineurs, le triomphe de Spotlight aux Oscars a fait réagir au Saint-Siège.

« Spotlight n'est pas un film anticatholique. » C'est Lucetta Scaraffia, éditorialiste de l'Osservatore Romano, qui s'exprime ainsi dans les colonnes du journal (en date du 29 février), en réaction au palmarès des Oscars 2016, rapporte Radio Vatican.
« Plus préocupés de l'image de l'institution que de la gravité de l'acte »
La journaliste ne se prive pas d'égratigner ceux que le film rebute : « Les prédateurs ne portent pas forcément l'habit ecclésiastique et la pédophilie ne dérive pas nécessairement du vœu de chasteté. Mais il est désormais clair que, dans l'Église, trop de gens se sont plus préoccupés de l'image de l'institution que de la gravité de l'acte. » « Tout cela ne peut justifier la faute gravissime de celui qui, représentant de Dieu, se sert de cette autorité pour abuser d'innocents : c'est bien raconté dans le film », ajoute-t-elle.
Elle revient aussi sur l'appel lancé au pape François par le producteur du film. Lors de la cérémonie des Oscars, Michael Sugar a en effet déclaré : « Il est temps que vous protégiez les enfants pour pouvoir leur redonner foi. » Pour Lucetta Scaraffia, ce message « doit être vu comme un signal positif : il y a encore de la confiance dans l'institution et dans un pape qui poursuit le nettoyage entamé par son prédécesseur ».
Une position qui rejoint celle exprimée il y a quelques jours par Mgr Charles Scicluna, archevêque de La Valette (Malte) et président du collège spécial visant à traiter, au sein de la Congrégation pour la doctrine de la foi (CDF) : « Ce film, tous les évêques et les cardinaux, surtout les responsables des âmes, devraient le voir, parce qu’ils doivent comprendre que c’est la dénonciation qui sauvera l’Eglise, et pas l’omerta », avait-il déclaré.

« Nous avons retenu la leçon »
Le triomphe de Spotlight aux Oscars a été commenté jusqu'au Vatican. Hier, le n°3 du Vatican, Mgr Giovanni Angelo Becciu, a reconnu des erreurs et des lenteurs dans la manière dont l'Église a par le passé traité les affaires de pédophilie.« La première réaction, plutôt que de regarder l’horreur de ce qui venait d’arriver, était de "sauver" l’institution du scandale. Le transfert d’une paroisse à une autre était d’usage quand un prêtre tombait amoureux d’une femme. Mais là, il s’agissait de pervers, de prêtres à chasser !», a-t-il affirmé dans le Corriere della Serra.
Depuis, estime-t-il, « nous avons retenu la leçon ». « Je ne crois pas qu’il existe au monde une institution sociale et politique comme l’Église qui s’est engagée partout à faire un grand nettoyage et à mettre en pratique toutes les méthodes pour prévenir d’autres abus. »
 
« Le film va donner un élan ultérieur à notre travail »

La veille, le père jésuite Hans Zollner, membre de la Commission pontificale pour la protection des mineurs et président du Centre pour la protection des mineurs de l’Université pontificale Grégorienne, s'était également exprimé devant la presse, relate I.Media (repris par l'Apic). « Un film comme celui-là et sa remise de prix, vont certainement donner un élan ultérieur à notre travail », a-t-il dit. « Ce long-métrage invite à se poser ces questions », a-t-il ajouté : « Comment l’Église catholique peut-elle être transparente, juste et engagée dans la lutte contre les abus, et que peut-elle faire pour que cela n’arrive plus ? »


 Télérama :

SYNOPSIS


En juillet 2001, Marty Baron prend son poste de rédacteur en chef au Boston Globe, auquel il veut redonner un certain lustre. C'est lui qui demande à Walter Robinson, à la tête du département Spotlight, une enquête sur les soupçons de pédophilie qui entachent le clergé local depuis des années. Alors que ces affaires n'ont jamais suscité d'investigations vraiment développées, Walter commande aux membres de son équipe, Sacha Pfeiffer, Michael Rezendes et Matt Carroll, un reportage approfondi sur le sujet. Les journalistes comprennent peu à peu que le nombre de cas pourrait bien être beaucoup plus important que ce qu'ils imaginaient...

 

LA CRITIQUE LORS DE LA SORTIE EN SALLE DU 27/01/2016

Tout est vrai. L'enquête, publiée en 2001 par des journalistes du Boston Globe. Et le scandale qu'elle révéla. Durant des décennies, l'Eglise catholique locale a étouffé les abus sexuels perpétrés par des prêtres sur des enfants, et a systématiquement soustrait les coupables à la justice. Un phénomène à grande échelle : au moins un millier de victimes, rien que dans la région. Et une politique du silence qui s'étend bien ­au-delà du Massachusetts... « Spotlight » est le nom de l'équipe de journalistes qui, au bout de longs mois d'efforts, en dépit de toutes les pressions, a révélé la vérité. Ce qui lui a valu le prix Pulitzer.
Le film est dopé à la même adrénaline, à la même ténacité citoyenne que son modèle évident, Les Hommes du Président, d'Alan J. Pakula, déjà basé sur un scoop historique, la révélation du scandale du Watergate par le Washington Post. Tout y est : l'effervescence en salle de rédaction, les impasses et les coups de théâtre, les résistances, les informateurs-clés. Manches retroussées, téléphone collé à l'oreille, les comédiens multiplient les morceaux de bravoure, les scènes électrisantes. Ils rivalisent d'aisance et de charisme en incarnant des figures diverses et passionnantes : Michael Keaton, vétéran de l'info, aux prises avec son propre milieu de grands bourgeois catholiques ; Liev Schreiber, rédac chef taiseux et déterminé ; Rachel McAdams, l'enquêtrice dont l'écoute et la délicatesse permettent toutes les confidences. Sans oublier Marc Ruffalo : en limier pugnace et impertinent, à la fois concentré et intense, il trouve l'un de ses plus beaux rôles.
Subtils, ambigus — humains, en quelque sorte —, ces personnages ne sont pas des preux chevaliers au service du quatrième pouvoir. Ce sont des bosseurs. Le réalisateur Tom McCarthy (The Visitor, The Station Agent) a choisi, avant tout, de filmer leur travail, dans son aspect le plus quotidien et le plus endurant : une formidable mécanique de petits détails, de bouts de papier, de porte-à-porte et de méthodes différentes — l'un force les barrages, l'autre cultive ses relations. Cet hommage réaliste et vibrant à tous les chasseurs de vérité vient d'obtenir six nominations aux Oscars. — Cécile Mury

En 2001, le Boston Globe voit ses chiffres de vente chuter légèrement. Le nouveau rédacteur en chef, Marty Baron, décide de relancer le journal avec une affaire d'envergure : plusieurs prêtres dans leur ville ont été accusé d'avoir abusé sexuellement d'enfants et s'en sont tiré sans qu'il y ait de poursuites. Baron charge l'équipe Spotlight - une équipe spécialisée dans le journalisme d'investigation - d'enquêter sur ces prêtres et de prouver non seulement leur culpabilité mais aussi que leur supérieur, le cardinal Bernard Law, et les plus hautes instances de l’Église catholique étaient au courant et ont étouffé l'affaire à chaque fois par la corruption ou les menaces.
Grâce à l'aide éclairée de Mitchell Garabedian, un avocat qui a essayé plusieurs fois de révéler la vérité sur l'Église, l'équipe Spotlight, dirigée par Walter Robinson, va enquêter pendant des mois sur l'affaire et découvrir que non seulement l'Église a étouffé chacune de ces affaires, aidés par avocats véreux qui l'ont aidé en négociant de grosses indemnités avec les parents des enfants abusés, mais surtout que les prêtres pédophiles s'avèrent beaucoup plus nombreux qu'on ne le pensait. Au fur et à mesure que leur enquête va progresser, l'Église va faire de plus en plus pression sur eux et leur mettre des bâtons dans les roues en intimidant les témoins et en les dissuadant de parler.

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Les Innocentes

Chantal Bertrand, associée CND de Reims, nous a fait parvenir le message suivant que nous
portons avec plaisir à votre connaissance :





Sur les conseils de Nicole (Herbay), je suis allée voir le film « Les Innocentes » d’Anne Fontaine   qui m’a beaucoup touchée. Selon la Croix, il constitue « Une interrogation sur le mystère de la foi : Inspiré d’un épisode peu connu de l’histoire polonaise – vingt-cinq religieuses furent violées par des soldats russes en 1945 et la plupart assassinées, un film stupéfiant qui explore l’abîme sans renoncer à la lumière, aussi vacillante soit-elle dans les rigueurs des hivers de l’est européen. Peut-on dépasser la violence dont on a été victime? La foi y aide-t-elle? Comment poursuivre sa vocation lorsque les règles qui la fondaient ont été brisées? »



A travers un sujet très difficile on découvre  la vie de nos grandes Sœurs, dans un couvent,  une vie qui pourrait nous paraître bien austère si elle n’était pas enrichie par la foi, la prière, le chant, la musique, la solidarité et la force des sentiments qui les animent.



Un film poignant qui témoigne de la force de la foi mais aussi de sa fragilité, confrontée à la violence.

Critique dans Télérama :


SYNOPSIS
En 1945, Mathilde Beaulieu travaille au sein de la Croix rouge française dans un hôpital de fortune en Pologne. Un jour, une nonne d'un couvent voisin lui demande de l'aide. La jeune femme finit par la suivre et découvre que l'une des soeurs est sur le point d'accoucher. Après la naissance de l'enfant, elle découvre que d'autres servantes de Dieu sont également enceintes. Elles ont été violées par des soldats russes. La mère supérieure refuse d'alerter les autorités pour que la réputation du couvent reste intacte. Elle refuse également que Mathilde leur porte secours. Maria, qui a eu une autre vie avant de prendre le voile, se pose des questions sur sa foi après ce qu'il leur est arrivé...

LA CRITIQUE LORS DE LA SORTIE EN SALLE DU 10/02/2016
On aime beaucoup
Un couvent polonais, en 1945. Dehors, dans l'hiver, la guerre s'attarde. L'occupant soviétique est partout, ses soldats rôdent dans le froid comme des bêtes affamées. Quelques mois plus tôt, ces loups sont entrés chez les nonnes, laissant derrière eux une trentaine de femmes traumatisées et -- pour quelques-unes -- enceintes.
Anne Fontaine, cinéaste éclectique (de Coco avant Chanel à Perfect Mothers ou Mon pire cauchemar), s'est inspirée d'un fait historique réel et du journal intime d'une Française, médecin pour la Croix-Rouge, seul recours des religieuses isolées. C'est cette série de rencontres que développe le film : la progression d'un apprivoisement mutuel, d'une confiance patiemment tissée, visite après visite. Filmée en quasi-huis clos, dans la grisaille du couvent, cette histoire de naissances et de renaissance, tout en scènes délicates et justes, repose en grande partie sur le talent des interprètes. Lou de Laâge est lumineuse, qu'elle donne la réplique à son collègue et amant Vincent Macaigne (dans le rôle d'un faux cynique amoureux) ou qu'elle se confronte à ses patientes polonaises, dont la bouleversante Agata Buzek.
La jeune doctoresse est moderne, rationaliste, athée. Ses patientes cloîtrées sont repliées sur leur secret, leur honte et leur souffrance. Entre ces femmes si différentes, la cinéaste sait pourtant construire un lien fort, salvateur, le rendre crédible et touchant : une affaire de solidarité féminine et, au-delà, de réponse fraternelle à la ­violence du monde. Un transfert progressif de la foi, vers l'humain. -- Cécile Mury
 






Résurrection, mode d'emploi

  


 

Un nouveau petit livre rouge







Dans un petit format très délicat, fort bien mis en page, et accompagné d'un rouge éblouissant,

ce livre est fait pour nous réveiller et nous étonner.

Le talent d'écriture de Fabrice Hadjadj n'est plus à démontrer : il faut se laisser emporter.

Voici ci-dessous des critiques pour vous aider à partir en sa compagnie...


Résurrection mode d'emploi



L'avis de La Procure


Un nouvel essai majeur de Fabrice Hadjadj qui scrute la manière dont la Résurrection change notre vie, dans ses aspects les plus profonds, mais aussi les plus humbles. Indispensable pour cheminer vers Pâques !
Méditant sur les apparitions du Christ ressuscité, Fabrice Hadjadj signe un nouvel essai brillant et percutant. Que nous enseignent aujourd'hui les manifestations du Christ après sa mort ? À travers douze méditations, l'auteur nous manifeste comment la vie du Ressuscité vient éclairer notre quotidien.

 

 Interview

 

Fabrice Hadjadj : "Pour être un bon ressuscité, il faut d'abord être un bon mort"


Pour le philosophe et dramaturge Fabrice Hadjadj, directeur de l'Institut Philanthropos (Fribourg, Suisse) et auteur de Résurrection, mode d'emploi (Magnificat), le Christ ressuscité est stupéfiant de simplicité. Et le mystère pascal est celui, non pas de l'immortalité, mais de la mortalité comme lieu d'offrande.
Dans le Credo, il semblerait que la phrase « Je crois en la résurrection de la chair » soit une de celles que l'on récite le plus mollement. Parce qu'on a du mal à y croire, sans doute...
Il y a deux versions du Credo, celle du Symbole des apôtres, avec son « Je crois en la résurrection de la chair », et celle de Nicée-Constantinople, déclarant que Jésus est « ressuscité le troisième jour conformément aux Écritures ». C'est très intéressant ce lien entre la chair et les Écritures. Le christianisme a été livré très tôt à des tentations spiritualistes, à travers le gnosticisme, qui rejetait en même temps la chair et l'Ancien Testament, parce que selon lui le monde matériel avait été créé par un mauvais démiurge et que le Sauveur venait nous en arracher définitivement. Une telle tentation demeure toujours présente, elle est même réactualisée par la technologie, qui croit moins à la chair qu'aux avatars numériques, et nous tourne vers des formes de religiosité où il s'agit, par des techniques de méditation, de s'évader de notre condition dramatique et charnelle. Mais le christianisme est un antispiritualisme. C'est une religion de l'Incarnation. Le Verbe s'est fait chair et même charpentier juif assassiné sous Ponce Pilate. C'est à la fois très simple et très déconcertant pour celui qui cherche dans la religion une fuite ou un opium. Quant à la Résurrection, ce n'est pas une sortie de l'Incarnation, mais son point le plus extrême, le corps humain qui entre dans la divinité. Et le « conformément aux Écritures » nous rappelle que, qui dit chair, dit naissance, inscription dans une généalogie. C'est pour cela que le Ressuscité ne cesse ne relire Moïse, les Psaumes et les Prophètes avec ses disciples. Rien n'est plus important à une époque où aussi bien les fondamentalismes que le technocapitalisme voudraient nous faire sortir de l'Histoire.

Vous insistez dans votre livre sur la sobriété de la Résurrection. Pour un tel événement, c'est une façon de voir les choses un peu paradoxale...
Il suffit de lire les Évangiles... On est stupéfait de cette simplicité, surpris au second degré, précisément parce que Jésus ne fait pas de chose spectaculaire, comme on s'y attendrait. Après tout, ce n'est pas rien d'être descendu aux enfers et d'en revenir : le type qui a réussi ça devrait ressusciter des tas de morts, faire apparaître des villes en claquant des doigts, rouvrir la mer Rouge et y installer une rue commerçante... Qu'il rapporte au moins un message d'outre-tombe complètement ésotérique et inédit. Mais non. Le Christ ressuscité dit : « La paix soit avec vous », c'est-à-dire « bonjour ». Et il ne fait même pas les miracles de sa vie publique. Il est juste là, au milieu des siens, mange et boit avec eux, leur commente les Écritures, leur fait même un feu et la cuisine sur les bords du lac de Tibériade. Tout ça pour ça ? Pour mener une vie de rabbin ? Bien sûr, il y a l'Ascension. Ouf ! un peu de spectacle ! Mais non : aussitôt apparaissent deux vigiles en blanc qui expliquent aux spectateurs regardant le ciel que ce n'est pas là que ça se passe. Cette assomption de l'ordinaire est vraiment extraordinaire. Il n'y a qu'un Dieu pour pouvoir admirer et assumer les gestes de notre vie quotidienne, car, si, pour nous, ces gestes deviennent banals, pour lui, ils jaillissent sans cesse de la fraîcheur de son éternité. Les poètes entrevoient cela. Ils entendent l'inouï qu'il peut y avoir dans une parole comme « bonjour », qui est une prière, et même l'appel du Jugement dernier, puisqu'un jour entièrement bon exigerait l'avènement d'un royaume de justice et de joie.

Il n'empêche que lorsqu'on évoque la Résurrection, on espère tout de même un petit quelque chose de plus. On se prend à rêver à l'idée de vie éternelle, par exemple...
Oui, mais la vie éternelle n'est pas une vie dans un autre temps : elle est la vie ressaisie dans la source du temps ; et elle est déjà donnée, à chaque instant, dès ici-bas, quoi que ce soit sur le mode de la foi, non de la vision, et de l'amour souffrant, non pas triomphant. Par ailleurs, la notion de résurrection s'oppose radicalement à la notion d'immortalité terrestre. Pour être un bon ressuscité, il faut d'abord être un bon mort. Si bien que la vie éternelle n'est pas une vaporisation de la finitude comme on le croit souvent, c'est l'assomption de notre finitude dans l'infini. Le mystère de la Résurrection est un mystère de la mortalité, mais de la mortalité comme lieu d'offrande, de don radical et sans retour. Aujourd'hui, les transhumanistes nous font miroiter un fantasme de vie sans fin. Comment y résister ? On peut s'apercevoir que leur immortalité nuirait au don de la vie et à la succession des générations. Mais c'est surtout celui qui croit en la Résurrection qui ne craint pas de repousser leur élixir en disant : « Je suis contre l'immortalité, je suis pour la mort comme offrande, ouvrant sur une résurrection bienheureuse. » De nos jours, où l'immortalité et le dopage technologiques pourraient nous faire sortir de la condition humaine, la Résurrection change de signe. Hier, elle apparaissait d'abord comme entrée dans la vie éternelle. À présent, elle se manifeste comme passage par le drame et par la mort. Le Christ ressuscite avec ses plaies : « Mets ta main dans mon côté », dit-il à Thomas. Car, avec saint Thomas, ce n'est pas « Je ne crois que ce que je vois », comme le disent ceux qui répètent sans avoir lu, mais c'est « Je ne crois que là où je mets le doigt » - et le doigt dans la blessure ! Le mystère de la Résurrection n'est donc pas l'abolition de notre finitude mais son accomplissement. C'est un enjeu fondamental qui s'explicite davantage face à la logique de la croissance et du progrès sans limite, qui va jusqu'à détruire la structure même du corps et de la pensée humaine. L'hérésie techno-économique nous fait entendre autrement le mystère pascal. Et on verra sans doute que, de plus en plus, devant la fascination des gadgets, pour vivre une vie simplement humaine, il faudra être héroïque et croire en la Résurrection.

Pour le dire un peu prosaïquement, la Résurrection aurait en quelque sorte une tonalité écologiste...
Oui, à condition de ne pas réduire l'événement chrétien à une idéologie, mais de dilater l'écologie jusqu'au mystère divin, comme le fait le pape François, dans Laudato si', lorsqu'il rappelle la dimension cosmique de l'eucharistie, ou qu'il fonde l'interdépendance des créatures dans la communion des personnes de la Trinité. En tout cas, Dieu nous parle par les Écritures, qui sont une grille de lecture, mais aussi par les événements, qui sont un texte à déchiffrer à partir de cette grille : nous devons lire les signes des temps. Or, aujourd'hui, notre horizon mondain est un horizon d'extinction, pas seulement de la biodiversité mais de l'espèce humaine. Le vertige progressiste ne tient plus, même si beaucoup de catholiques ont en leur temps donné dans cette utopie, comme l'a très bien montré le journaliste Fabrice Nicolino à propos du monde agricole, du temps où l'on croyait que les pesticides et la surexploitation industrielle permettraient de mieux nourrir les hommes. On peut tout légitimer au nom de l'amour du prochain, y compris les destructions les plus incroyables. Il suffit de rester abstrait. Mais aimer le prochain, ce n'est pas abstrait. Le Christ était un charpentier. Et il parle de son Père comme d'un vigneron. Il ne s'agit pas que de métaphores révolues. Il s'agit de considérer sérieusement le « fruit de la terre et du travail des hommes » qui fait partie intégrante de la célébration de la Résurrection.

Comment concilier cette vision sobre de la Résurrection avec des notions un peu clinquantes, telles que le « corps glorieux du Christ » ?
L'histoire de l'art nous montre déjà que si vous pensez la gloire, vous devez tout de même avoir un corps humain, ce qui est déjà quelque chose. Car le corps humain apparaît dès lors à la fois comme une nécessité (il ne s'agit pas que de l'âme) et comme une limite indépassable (il ne s'agit pas d'un cyborg). Et puis, encore une fois, relisons les Évangiles. Comment se présente ce « corps glorieux » ? Marie Madeleine le prend pour un jardinier, et même pour un voleur de cadavre. Situation similaire avec les marcheurs d'Emmaüs, qui le prennent pour le benêt : tu es bien le seul habitant de Jérusalem à ignorer ce qui y est arrivé ces jours-ci... Quand il apparaît aux disciples, il ne leur dit pas : « Voyez mon visage radieux », ni : « Voyez mes ailes », mais : « Voyez mes mains et mes pieds, c'est bien moi. » Il leur montre des trous. Voilà le corps glorieux ! Alors soit on lit les Écritures, soit on plane, mais alors, avec ce spiritualisme nuageux, on devient complice de la dévastation générale.

Quel lien peut-on faire entre la Résurrection et la naissance ?
Être né, c'est avoir reçu une vie que, par définition, on ne s'est pas donné à soi-même. Être ressuscité, c'est aussi recevoir une vie, que l'humanité tout entière, cette fois, ne peut se donner à elle-même. L'analogie est forte. Accepter le mystère de sa naissance, c'est accepter les parents qu'on a, la langue qu'on a reçue, l'environnement où l'on a grandi... Ce n'est pas facile tous les jours. Ça pourrait être mieux. Les parents sont toujours des personnes incompétentes : ils exercent une autorité simplement parce qu'ils ont couché ensemble, sans la supervision d'un expert. Mais, justement, si les parents sont incompétents, c'est parce que la famille n'est pas une entreprise qui « fonctionne », c'est le lieu où la vie est transmise comme ce qui nous dépasse. Heureusement que nos parents ne sont pas parfaits, cela prouve aux enfants qu'ils ne sont pas des dieux et cela leur permet d'échapper à leur emprise pour se tourner, avec eux, vers le Père. Accepter la naissance, c'est donc accepter la vie comme un don qui nous transcende. Or la Résurrection nous présente aussi la vie comme un don qui nous transcende. Et c'est même elle, ultimement, qui nous fait accepter le fait de notre naissance, avec toutes ses limitations. Les religions sans résurrection, et même les athéismes, ont beaucoup de mal avec la naissance, qu'ils voient comme une chute. Il y a pour eux un « inconvénient d'être né », ne serait-ce que parce qu'on se retrouve dans un corps vulnérable et dans un drame historique qu'on n'a pas choisis. Pour accepter le fait d'être né comme une merveille, ainsi que le suppose n'importe quelle fête d'anniversaire, il faut entrevoir que ce drame est celui d'une rédemption.

Si on a du mal à croire en la Résurrection, dites-vous aussi, c'est parce qu'on a désormais du mal à croire à la mort...
Les gens qui croyaient en la Résurrection étaient beaucoup plus en contact que nous avec la mort et surtout avec le mort, dans son poids, dans sa rigidité cadavérique. Pour nous, il est devenu banal que le corps de la personne que nous avons aimée soit manipulé en dernier lieu par des spécialistes tarifés. Ivan Illich au Mexique a vu avec horreur ce passage de la toilette funéraire traditionnelle et familiale aux entreprises de pompes funèbres. Il voyait que l'argent arrachait à l'homme son rapport au corps du défunt. Dans l'Évangile, les femmes qui reçoivent la première annonce de la Résurrection sont celles qui s'apprêtent à oindre le corps mort de Jésus. Si nous perdons le dernier contact avec le mort, nous perdons aussi le sens du ressuscité. Dans un monde de simulation et de projections virtuelles, nous sommes face à des objets ni vivants, ni morts, ni nés. La question de la mort ne se pose même pas. Celle de la Résurrection s'efface avec elle.




samedi 27 février 2016

Nous revoici !

Nous revoici...



Après un temps de silence dû à des activités professionnelles diverses et des petits problèmes de santé, je reprends l'idée de bavarder dans ce blog à travers des conseils concernant des livres, des films, des émissions... Nous avions commencé cet échange avec l'aide de nos soeurs Ghislaine et Thérèse: cette dernière a été appelée à une charge importante dans la Congrégation mais nous a demandé de poursuivre car elle soutient cette idée et désire nous voir continuer.
Ullah Barbe, elle aussi associée CND, est d'accord pour venir m'aider sur ce travail, et c'est un bonheur d'échanger ensemble et de se sentir épaulée pour avancer.
Notre désir est de vous entraîner à échanger des avis, des conseils, des réactions, voire des emballements à propos de lectures, de films, d'expositions, d'émissions  ou de rencontres qui font notre quotidien ou notre exception! Il  est si bon d'échanger et de s'enrichir ainsi les uns les autres.

Il est très facile d'intervenir sur ce blog : en bas de chaque article vous avez la case " commentaire" dans laquelle vous inscrivez votre avis. Il est bizarrement intitulé " anonyme" mais surtout, signez bien votre petit texte pour que cela soit plus clair!  Chaque fois que nous mettrons à jour ce blog, nous vous enverrons un mail ( nous avons vos adresses groupées tant soeurs de Notre Dame qu'associés ou amis de la Congrégation) vous invitant à aller le chercher sur internet. Nous remettrons chaque fois son intitulé dans le mail et vous n'aurez qu'à cliquer sur la ligne de texte pour le voir apparaître. Mais nous vous conseillons d'engranger cette adresse dans vos " signets", " marque-pages" et autres " favoris" suivant la dénomination choisie par votre ordinateur !  Vous pouvez ainsi y accéder facilement et "poster" vos commentaires quand cela vous chante !

Nous nous chargerons régulièrement de résumer vos interventions et de donner vos propres conseils et recommandations pour que vous en profitiez bien tous et toutes.
Ainsi "faisons-route ensemble" selon la belle formule de la future rencontre internationale des associés à  Strasbourg...

A bientôt, en toute amitié

Claude Fauque